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Où est passé l'esprit critique ?

Cette campagne électorale, qu'on dit volontiers décisive pour notre avenir commun, et qui n'était pas si mal partie (intérêt inouï de la part de l'opinion, renouvellement des générations, mise au pas de la pensée unique et consensuelle...), a pour le moins dérapé en campagne populiste et dépendante : les grands médias imposent la France de Mme Michu (improbable française-citoyenne-consommatrice moyenne) comme mètre étalon de la pensée politique.

Les débats contradictoires, les confrontations politiques ont été insensiblement étouffés dans les incessantes interpellations des porteurs de leurs petits problèmes individuels à des candidats sommés de satisfaire à toutes les demandes. La culture politique française qui s'effraye automatiquement de toute idée de lobbying a fini par construire l'impasse des 60 millions de lobbyistes.

A qui profite le crime ?

En attendant, les derniers portes-parole d'une culture libre et populaire nourrissent le débat en agitant les consciences et les imaginations. C'est ce que dévoilait en novembre dernier le - presque - génial magazine Technikart en publiant un dossier sur un nouveau modèle alternatif.

Après l'utopia des penseurs de l'Ancien Régime, la démocratie américaine idéalisée des révolutionnaires et des libéraux, les pays communistes de nos grands-parents, les communautés hippies de nos parents, le monde monopolarisé des années 2000 a édifié un nouveau rideau de fer qui, comme ses prédécesseurs fonctionne comme un miroir de nos envies collectives.

Ni Cuba, ni Larzac, c'est de la présipauté de Groland qu'il s'agit. A en croire les rédacteurs de Technikart, le Groland serait devenu "le plus grand parti de France".

"En quelques années, ce qui n'était au départ qu'un programme de télévision déviant diffusé sur Canal+ a réussi à s'imposer comme un univers alternatif authentique. [...] "Groland vient occuper un vide, confirme Johan, festivalier enthousiaste [rencontré par le journaliste au Festival grolandais de Quend-plage]. C'est un espace d'expression marginal qui s'empare des vrais sujets et offre un point de vue sans faux semblants." Dans un monde hanté par la perfection esthétique, où peut-on encore voir un vieux qui sort ses poubelles à poil avec les couilles amballées dans du papier alu ?" (source : "Groland, enquête sur le plus grand parti de France", Nicolas Santolaria, Technikart n° 107, nov. 2006).

Et dans le même dossier, un sociologue, Erwan Lecoeur, d'enfoncer le clou :

"Autrefois, la critique et la satire siégeaient au coeur du système. Le service public abritait des émissions très insolentes pour les pouvoirs, comme le "Tribunal des flagrants délires" sur France Inter. Aujourd'hui, la critique et la satire ont été satellisées à la périphérie du système médiatique. Le rôle des vrais bouffons du roi a été en quelque sorte privatisé, dévolu à des chaînes privées comme Canal. Cette position périphérique, décalée, permet à Groland de créer des univers singuliers et parallèles." 

 

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J
je dirais même plusoù sont passé les seins en poire!
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