"Trop souvent lorsque l'on parle de graffiti, on oublie de définir clairement l'objet du discours. On a tendance à parler de graffiti au sens large, évoquant sans distinction les graffiti de Pompéi, les petites phrases sur les murs des toilettes, les tags, les peintures de Jean-Michel Basquiat et les dessins de Keith Haring. Il est très difficile, dans ces conditions, de ne pas se perdre et d'aborder quelque sujet que ce soit avec précision. Nous ne traiterons ici que de ce que certains appellent le "writing", d'autres "le graffiti hip hop". [...]
Le graffiti hip-hop, né à la fin des années 1960 à New York et à Philadelphie, se décline en plusieurs formes dont les plus courantes sont le tag, le throw up et la pièce (appelée aussi piece ou graff). Le tag est une signature : ses lettres stylisées forment un nom qui prend pour chaque writer une forme quasiment invariable. D'une seule couleur le plus souvent, de taille généralement réduite et réalisé d'un geste rapide, il se prête bien à une diffusion massive. Le throw up est un lettrage qui reprend également le plus souvent le nom du writer, mais en lettres de plus grande taille. Les lettres sont assez simples dans leur composition et peu de couleurs sont utilisées. Cette forme implique un déplacement pour le writer (et non pas uniquement un mouvement de bras, comme pour le tag) mais sa réalisation reste rapide. La pièce reste en général un ensemble de lettres représentant le nom du writer, mais sa composition peut être très complexe, avec des lettres parfois totalement décomposées et réinventées. Des éléments extérieurs au lettrage viennent souvent s'y ajouter : ombrages, décors, flèches, commentaires, tags qui viennent signer le travail..."
Extrait de "Writing : supports et formes", Olivier Desvoignes, dans AnART, graffitis, graffs et tags.
Photo : Samuel Challeat, dans AnART, graffitis, graffs et tags.