AnART est à plus d'un titre un livre nécessaire sur un sujet plein de malentendus, finalement peu étudié, les graffitis et tags, phénomène artistique le plus massif et le plus polupaire de l'histoire créative.
Tout a commencé dans un bus lyonnais il y a un an. Toujours aussi charrette sur les projets de bouquins, Rachel (autorité n° 1 pour les intimes des éditeurs libres) se tourne vers moi pour lui dégoter une idée de dernière minute qui ait un rapport avec la liberté (éditeurs libres obligent).
Succession de mots dans ma tête : liberté, libéral (j'imagine la tête de Rachel quand je vais lui annoncer qu'on se lance dans une collection "liberté d'entreprendre"), libertaire (c'est déjà mieux), anarchiste, anard, panard (un livre pour prendre son pied !!! oui mais à part le concept, pas vraiment d'idée, laisse tomber), panard = pinard : un bouquin sur le picrate !!! oui, mais je vois pas le rapport. Anard = Art = an-ART. Un truc sur l'art libéré, l'art sans règles, décomplexé. Oui, mais à quoi ça peut correspondre ? C'est là que la situation du bus devient pertinente. A ce moment-là je regarde par la fenêtre et je m'aperçois de la floraison de formes, de lignes, de couleurs qui envahissent les murs et que je ne voyais pas vraiment jusqu'ici.
Les bonnes idées sont toujours celles qui ont un son d'évidence. Et celle-là sonnait évidemment dans ma tête. Restait plus qu'à trouver des auteurs et des photographes. J'ai alors découvert un univers de gens passionnés et talentueux qu'un projet de livre, si peu fréquent dans cet univers, mobilisait comme jamais nous n'avions connu. Ils nous ont tous très vite convaincu de parler différemment des graffeurs et tagueurs, non plus sous l'angle de la sociologie des banlieues ou de la psychologie adolescente, mais pour ce qu'ils sont, des groupes qui transgressent pour peindre, sans jamais en retirer ni notoriété, ni rémunération. Le phénomène qui, en vingt ans a gagné l'ensemble de la planète et des millions de praticiens, méritait qu'on y réfléchisse enfin sérieusement.
Après six mois de travail, AnART sortait des presses. Au final, c'est le fruit de la rencontre de 4 photographes, 3 jeunes chercheurs et un graffeur qui offrent pour la première fois en France au grand public une somme sur le phénomène graffiti d'un point de vue historique et artistique.
Info, diffusion et commandes sur www.lesediteurslibres.com